Collection « Isatis. Cahiers d’Ethnomusicologie régionale »

(Toulouse-Montpellier, 1992-2004)

• 2004-1992 : Créateur et directeur de la collection bibliographique Isatis. Cahiers d’ethnomusicologie régionale :

danse1Danse et société (1992, 124 pages), Actes du colloque de Toulouse (29 octobre 1988)

Edition des Actes du colloque de Toulouse, organisé le 29 octobre 1988 par Pierre Corbefin. Il s’agit d’une publication scientifiquement transversale dans laquelle on trouve à la fois des sujets de recherche et des auteurs issus du revivalisme français (Yves Guilcher, Françoise Etay, Claude Achard, Pierre Laurence, Patrick Jehanno, Yves Guillard, Christiane Mousquès) pour des sujets relativement localistes (la bourrée en Limousin, la danse du Chevalet montpelliérain, les cercles celtiques de Bretagne, les brevets de danse dans le sud de la Sarthe, les branles de la Vallée d’Ossau, etc.) mais aussi des ethnologues et anthropologues (Daniel Fabre et François Lissarague) pour des sujets d’intérêt plus général (par exemple, « Images de la danse en Grèce ancienne »). Cet ouvrage n’avait pour autre prétention, en publiant les Actes de ce colloque, que de rendre compte de l’état de la recherche en danse et aussi de faire de cet espace éditorial un lieu de décloisonnement des discours et des objets de recherche, un lieu de rencontre de chercheurs et de collecteurs aux horizons parfois très éloignés.

danse2La danse & ses sources(1993, 92 pages), Actes du colloque de Colomiers (1992).

En 1992, fut organisé à Colomiers (Haute-Garonne) un second colloque relatif à la danse traditionnelle mais d’un point de vue historique puisque la question des sources et de leur interrogation était au cœur de cette rencontre. La danse & ses sources (1993, 92 pages) publia des contributions de Theresa Buckland (Le barbare et le pittoresque : figures de danses d’un monde en mouvement), François Gasnault (Bals ou bacchanales ? Les sources de l’histoire de la danse sociale à Paris, de 1830 à 1870), de Yves Guilcher (Du témoignage au document : nécessité de la critique), de Carles Mas i Garcia (La Sardane), de Naïk Raviart (Sommes-nous fondés à distinguer des répertoires populaires dans ce que nous font connaître les traités et les documents anciens sur la danse ?), Placida Staro (Danse, mémoire, documents, danse : partir de la danse et vouloir aller à la danse).

danse3L’Histoire de la danse, parent pauvre de la recherche, Jean-Michel et Yves Guilcher, 1994, 94 pages.

Là aussi, la question des sources mais surtout de la méthode est centrale, essayant de guider à la fois le collecteur et le chercheur en danse, en essayant de lui épargner un certain nombre d’écueils (de tels ouvrages de méthodologie sont rares), mais aussi le lecteur en tentant d’aiguiser son jugement critique. Trois articles composent ce recueil : De la crédibilité du chercheur à la crédulité du lecteur (Yves Guilcher), Sur un livre à succès et Prolongements à une lecture de François Gasnault (Jean-Michel Guilcher).

bec1La cornemuse : sens et histoire de ses désignations (Pierre Bec, 1996, 192 pages).

Ouvrage de Pierre Bec, éminent philologue, romaniste, médiéviste, dans lequel ce chercheur se propose de poursuivre un travail entamé quatre ans plus tôt dans le domaine des cordophones médiévaux (Vièles ou violes ? Variations philologiques et musicales autour des instruments à archet du Moyen-Age, Paris, Klincksieck, 1992), recherche au carrefour de la philologie, de la littérature médiévale, de l’organologie, de la musicologie et de l’histoire que j’ai qualifiée, avec son accord, de « philologie organologique ». Cette nouvelle discipline dont il demeure pour l’instant le seul représentant français, qui se propose, à partir du nom des instruments de musique, d’émettre quelques hypothèses concernant leur apparition, leur histoire, leur éventuelle diffusion à travers les cultures, vient en complément de l’iconologie, de la musicologie et de l’archéologie musicale. Cet ouvrage sur la cornemuse, très attendu et totalement nécessaire tant les étymologies les plus fantaisistes avaient coutume de circuler sur les dénominations de certains types organologiques, fut totalement novateur.

bec2Les instruments de musique d’origine arabe : sens et histoire de leurs désignations (Pierre Bec, 2004, 96 pages).

Co-édition Centre Languedoc-Roussillon des Musiques et danses Traditionnelles et Conservatoire Occitan de Toulouse.

En introduction de son ouvrage, Pierre Bec précise le cadre de sa recherche : « Ce petit livre est le troisième volet du triptyque que nous consacrons aux problèmes philologiques et littéraires posés par les instruments de musique, passés et présents, cette approche ressortissant donc, essentiellement, à ce qu’on pourrait désigner du nom de philologie organologique. En effet, après l’étude des vièles et des rebecs du Moyen Âge, de la cornemuse dans son usage populaire et savant, nous nous penchons aujourd’hui sur les instruments européens d’origine arabe et dont la désignation, voire la typologie organologique, ont pris naissance dans l’espace pluri-culturel hispanique, communément appelé al-Andalus. C’est dire que le dénominateur commun de la douzaine d’instruments ici étudiés est plus culturel au sens large (communauté d’espace, de civilisation et de langue, mais aussi choc et complémentarité de plusieurs cultures et de langues) que strictement organologique […] Nous nous proposons donc dans cet opuscule qui, sans négliger (dans la limite de nos compétences) le contenu organologique, se veut essentiellement lexicologique (étude des désignations) et littéraire (occurrences et emploi de ces désignations dans les textes), d’étudier dans leurs grandes lignes les noms des instruments de musique de provenance arabe ou véhiculés par l’arabe, tels qu’ils se trouvent actualisés, depuis les origines présumées, dans la scripta hispano-romane et les usages de la Péninsule ibérique, communément appelée al-Andalus : désignations propagées ensuite (en tout ou en partie), dans les pays limitrophes (France d’Oc et d’Oïl) et éventuellement plus loin, et qui ont parfois échappé aux répertoires les plus complets, évidemment plus organologiques que lexicologiques, de l’instrumentarium médiéval. Il est bien entendu que cette nomenclature organologique et les instruments qui lui correspondent, s’inscrivent, comme nous le verrons, dans le cadre de l’énorme influence exercée par les Arabes et leur langue sur des populations romanes dont la langue émergeait à peine du proto-roman : et, ce, dans des domaines variés (architecture, médecine, agriculture, sciences et techniques diverses, vie mondaine et culturelle, poésie, etc.) entraînant un enrichissement considérable du vocabulaire roman, au point que l’espagnol, aujourd’hui encore, contient, en comptant les formes dérivées, quelque quatre mille mots d’origine arabe. Il va sans dire que ces désignations (et probablement aussi les types d’instruments) se font de plus en plus rares à mesure qu’on monte vers le Nord. Dans ce cadre, entrent, bien entendu, les instruments de musique (une douzaine environ) que nous aborderons par la suite en détail avec leurs dénominations respectives, certaines tombées en désuétude, d’autres toujours vivantes en Espagne ou au Portugal, sinon dans la langue officielle, du moins dans quelque dialecte populaire de Castille, d’Andalousie ou de l’Algarve. Étant bien entendu aussi que la date de la première attestation du terme dans la langue écrite (traité théorique, document juridique ou œuvre littéraire) ne correspond pas forcément à la date d’arrivée ou de développement de l’instrument, éventuellement bien antérieure. »

Collection « Anthropologie et musiques »

(L’Harmattan, 2009-… )

Collection co-fondée avec Yves Defrance et co-dirigée avec Yves Defrance et Monique Desroches.

« La collection Ethnomusicologie et anthropologie musicale de l’espace français, créée et dirigée par Luc Charles-Dominique et Yves Defrance (Ethnomusicologue HDR, Université de Rennes 2) dans le cadre des activités du CIRIEF (Centre International de Recherches Interdisciplinaires en Ethnomusicologie de la France), s’est donné pour but de publier à la fois des études récentes interdisciplinaires (ethnomusicologie, ethnochoréologie, etc.) et des archives inédites. L’« espace français » est entendu comme un espace multiculturel utilisant principalement le français comme langue d’enquête de terrain.  Il prend en compte la pluralité des cultures vivant et se développant sur le territoire français, et plus largement ouvert sur la francophonie, en particulier sur l’Afrique, les Amériques et l’Océanie, notamment via les territoires et départements d’Outre-mer. »

En 2009, deux ouvrages inaugurent cette collection.

harmattan2CHARLES-DOMINIQUE Luc, DEFRANCE Yves (eds.), L’Ethnomusicologie de la France. De l’ « ancienne civilisation paysanne » à la globalisation, Paris, L’Harmattan, 2009, 496 pages. Actes du colloque de Nice des 15-18 novembre 2006 (25 contributeurs).

L’ethnomusicologie s’est en grande partie élaborée en Europe, notamment dans sa phase « pré-historique » romantique. Était alors prise en compte l’étude des « traditions nationales » portées par l’ « ancienne civilisation paysanne ». En France, au xxe siècle, des ethnomusicologues ont décidé de poursuivre l’étude des sociétés rurales de la France métropolitaine, assurant d’une certaine manière la transition avec le folk-revival, apparu il y a environ quarante ans, et qui a en grande partie contribué à faire des musiques et danses traditionnelles des régions de France un champ patrimonial, à partir d’une formidable action de recueil et de valorisation de la mémoire.

Aujourd’hui, alors que nous sommes dans la seconde génération de ce revival ou peut-être déjà dans un ère post-revivaliste, le constat est celui d’un glissement des objets d’étude et des terrains de recherche en direction d’expressions musicales et chorégraphiques multiculturelles, communautaires ou non, dont les cadres sont plus largement urbains ou suburbains. La « France » s’est élargie à un large espace francophone totalement multiculturel, incluant les territoires d’outre mer et les anciennes colonies. Le concept de « musiques et danses traditionnelles », en l’espace de deux décennies tout au plus, a connu une évolution fulgurante.

Ce colloque, totalement pionnier, tente à la fois de réfléchir à l’histoire particulière de l’ethnomusicologie de la France, à son héritage scientifique et intellectuel, mais aussi à l’évolution moderne des problématiques et des méthodes de recherche liée à celle des terrains d’enquêtes. Pour ce faire, vingt-cinq chercheurs (ethnomusicologues, ethnologues, sociologues, historiens, actuels et ex-responsables institutionnels) jettent ici les bases d’une redéfinition pluridisciplinaire des objectifs, des enjeux et des métho-des de cette ethnomusicologie de la France.

guilcher-copieGUILCHER Jean-Michel, Danse traditionnelle et anciens milieux ruraux français. Tradition, histoire, société, Paris, L’Harmattan, 2009, 288 pages.

 Au terme d’une recherche étendue sur un peu plus d’un demi siècle, l’auteur communique à son lecteur l’image d’ensemble qu’il se trouve conduit à prendre des danses populaires traditionnelles en domaine français. L’enquête de terrain associée au dépouillement d’archives a jeté un jour inattendu  sur le visage de cultures paysannes près de s’éteindre. Au long de ce XIXème siècle où le monde rural n’a cessé de se transformer, la danse qui comptait parmi ses moyens privilégiés d’expression, a elle même connu des renouvellement d’une ampleur sans précédent.

La tradition considérée à son terme joint à un impressionnant pouvoir de conserver un pouvoir non moins déconcertant de mettre au jour des formes et des œuvres inédites. Le répertoire des campagnes acquiert des traits nouveaux, à la fois conséquences d‘emprunts assortis de refonte, et par re façonnements progressifs d’héritages diversement lointains. Les danses que nous appelons « folkloriques » sont le produit final de cette évolution à laquelle il est arrivé de se montrer créatrice.

J.M.Guilcher regroupe dans cet ouvrage ce que nous savons aujourd’hui de leurs provenances et de leur histoire. Il met en évidence les mécanismes impliqués dans leur genèse, et les tendances durables qui ont orienté son cours. Le tout porteur de lumières nouvelles sur la vie de relation, les mentalités et leur évolution tardive au sein de l’ancienne civilisation paysanne.

Castéret

Jean-Jacques CASTÉRET, La polyphonie dans les Pyrénées gasconnes. tradition, évolution, résilience. Paris, L’Harmattan, 2012, 366 pages.

Dans les Pyrénées gasconnes, la polyphonie s’impose à tous, des messes dominicales jusqu’aux fêtes patronales. Elle est, pourtant, longtemps restée dans l’angle mort de la recherche ethnomusicologique comme de l’action culturelle.

Au terme de quinze ans de recherche, cet ouvrage invite à découvrir une pratique sociale qui, loin de représenter un « loisir revivaliste », dessine un terrain à la fois très classique et post-moderne.

De café en auberge, de fête en festival, au plus près des chanteurs, cette recherche s’attache à la compréhension des ressorts musicaux et humains de la polyphonie, ainsi qu’au sens des performances en perpétuelle reconstruction qui disent, tour à tour, l’humeur des communautés pyrénéennes ou l’aspiration individuelle et collective à une forme d’absolu.

L’auteur explore, au-delà, l’histoire de cette pratique résiliente : celle des processus de transmission des cinquante dernières années sur fond de mutation de la société traditionnelle. L’histoire en marche qui déroule ici, en léger différé, un passage générationnel. Une histoire pluriséculaire croisant, au XIXe siècle, la construction de l’imagerie pyrénéenne romantique et la mise en place de mécanismes précoces de patrimonialisation.

Entre musicologie et ethnomusicologie, anthropologie et histoire, Jean-Jacques Castéret revisite dans cet ouvrage les notions d’oral et d’écrit, de profane et de religieux, de populaire et de savant, découvrant la partie pyrénéenne d’un vaste archipel européen où faux-bourdon d’église, tombé aux oubliettes de l’histoire, et polyphonie profane se conjuguent depuis plus de cinq siècles.

Jean-Jacques Castéret est ethnomusicologue, Docteur en Arts (Université Bordeaux 3 – Lacito du C.N.R.S.). Chef du Pôle Culture & Société de l’InÒc– Aquitaine, il développe des programmes publics de valorisation des archives sonores (www.sondaqui.com) et de sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel. Chargé de cours en ethnomusicologie à l’Université de Bordeaux 3-Michel de Montaigne, il est chercheur associé au Laboratoire ITEM de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, membre du Research Centre for European Multipart music (Universität für Musik und darstellende Kunst Wien), du groupe de travail sur les polyphonies de l’International Council for Traditional Music, de la Société Française d’Ethnomusicologie et administrateur du CIRIEF.

« Fascinantes étrangetés. La découverte de l’altérité musicale en Europe au XIXe siècle »

une nouvelle publication sous la direction de Luc Charles-Dominique, Yves Defrance et Danièle Pistone, dans la collection Anthropologie et musiques(L’Harmattan), dirigée par Luc Charles-Dominique, Yves Defrance et Monique Desroches.

Couverture

 

 

 

 

 

 

 

Au XIXe siècle, de nombreux artistes – poètes, écrivains, peintres, graveurs, dessinateurs, compositeurs – décident de tourner le dos aux conservatoires et aux académies, pour découvrir, sidérés et captivés, cet « Autre de l’art », populaire et exotique. La découverte de cette altérité culturelle, si elle est préexistante au xixe siècle, a vraiment marqué de son empreinte l’ère romantique, dans le contexte d’une Europe découvrant l’anthropologie, la sociologie, l’histoire, créant les premiers grands musées internationaux d’ethnologie, forgeant de nouvelles identités politiques et culturelles à ses jeunes nations, se jetant dans l’aventure coloniale… Cette altérité exotique des « lointains » s’est doublée, tout au long du xixe siècle, d’une quête de l’altérité culturelle de « l’intérieur », notamment celle de la paysannerie française et européenne, à travers les grandes collectes de « Poésies populaires », au premier rang desquelles figurait le chant populaire de tradition orale. Cet ouvrage, Actes du colloque de la Côte-Saint-André (Isère) organisé en partenariat avec le Festival Berlioz d’août 2011, se propose de réunir dix-neuf chercheurs de divers horizons (musicologie, ethnomusicologie, ethnologie de la danse) et de diverses provenances (France, Italie, Grèce, Espagne, Allemagne, Belgique). Il a pour but d’étudier les formes de cette découverte de l’altérité musicale, la circulation sociale et culturelle des matériaux musicaux qu’elle engendra, la naissance de nouveaux imaginaires, parfois fantastiques, auxquels elle donna lieu. Sont également pris en compte les espaces de découverte de cette altérité musicale (expositions universelles et coloniales des empires) et les cadres scientifiques et institutionnels en charge de l’étude de ces nouvelles cultures musicales (musées ethnologiques et instrumentaux ou bien nouveaux postulats théoriques comme la « musicologie comparée »). Si un certain nombre d’études ont été consacrées à l’exotisme musical, notamment à travers l’orientalisme, il manquait jusqu’à présent une large confrontation interdisciplinaire pour évoquer l’attrait irrésistible qu’éprouvèrent certains artistes occidentaux pour les musiques « autres », ainsi que la façon dont les compositeurs voyageurs et observateurs mélomanes se les représentèrent et consignèrent leurs observations dans des écrits aujourd’hui fameux. Une irrépressible attirance pour toutes ces « étrangetés » musicales en forme de fascination…

 


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