Thèmes et axes de recherche :

 

Mes recherches sont de triple nature : en anthropologie musicale historique (personnage historique du ménétrier, influence des musiques tsiganes sur la musique française, symboliques du sonore), en épistémologie (ethnomusicologie et histoire), en ethnomusicologie de la France et de la Méditerranée (anthropologie de la modernité). 

Depuis 1977, parallèlement à une ethnomusicologie de terrain (enquête de terrain sur la tradition populaire de violon en Gascogne : Lomagne, Agenais et Comminges), je mène une recherche plus anthropologique et historique, tout d’abord sur le personnage du « ménétrier », musicien que l’on qualifierait aujourd’hui de « populaire » et de « traditionnel », et dont la réalité est attestée, en France, dès le début du xive siècle. Avec cette recherche (publiée en 1994 chez Klincksieck), je souhaitais m’inscrire dans la voie de la sociologie musicale historique, dont les grandes études du domaine français (F. Lesure, M. Jurgens, C. Massip, M. Benoît, etc.) semblaient, depuis plusieurs années, ne plus connaître de prolongement ni de renouvellement. Je souhaitais relativiser aussi les dichotomies synchronie/diachronie, savant/populaire, oral/écrit en montrant, entre autres, qu’une histoire des sociétés (et des pratiques) de l’oralité est possible et que cette question se pose aussi dans les sociétés dites de l’écriture.

Depuis la publication de ce livre, ma recherche, en anthropologie musicale historique, s’est recentrée sur la prégnance du discours historique chrétien dans l’élaboration progressive d’esthétiques musicales très tranchées, la musique savante religieuse et profane de « divertissement » d’un côté, la musique essentiellement fonctionnelle des ménétriers de l’autre. Cette nouvelle hypothèse, étayée historiquement par la classification dualiste des « hauts » et « bas » instruments (du xiiie au xviiie siècle), a orienté mes activités de recherche dans les domaines connexes de l’anthropologie sociale, politique et de celle, religieuse, du christianisme (entre autres celles de la mort et de la sorcellerie). Mais dans la mesure où son point d’ancrage est le volume sonore, c’est toute l’anthropologie historique de la sensibilité sensorielle qui a servi de référent.

Cette anthropologie structurale heuristique a permis de répondre à quelques interrogations, demeurées jusque-là sans réponses et qui concernent l’édification des musiques occidentales savantes et leur esthétique. Elle se poursuit actuellement dans les domaines suivants : l’étude anthropologique des classifications instrumentales ; les musiques de la mort et rites assimilés en Europe.

Mais c’est principalement dans le champ d’une anthropologie historique de l’interculturalité en France que je poursuis mes investigations, avec l’étude des probables influences tsiganes sur l’instrumentation et la polyphonie ménétrières, dès le xve siècle. Ce type de recherche appelle un traitement pluridisciplinaire et un décloisonnement épistémologique, pour l’ethnomusicologie (intégration du champ historique) et pour la musicologie (prise en compte d’un champ culturel social global et des cultures extra-européennes).

 

Dans un domaine plus synchronique, notamment dans le cadre de mes activités de fondateur et président du CIRIEF, poursuivant un certain nombre d’enquêtes sur le revival des musiques et danses traditionnelles en Languedoc toulousain et montpelliérain menées de 1989 à 2004, je souhaiterais impulser à l’échelon national et international une recherche collective et coordonnée sur la construction des formes modernes d’identité musicale, entre autres perceptibles dans la revendication identitaire politique régionaliste actuelle, en prenant comme terrain l’ensemble des expressions musicales, de toutes natures et de toutes origines, se développant au sein de l’espace français actuel (DOM-TOM compris) et aussi dans le courant revivaliste, actif depuis environ trente-cinq ans en France. Il s’agira, entre autres, de montrer comment l’anthropologie musicale historique, notamment celle du timbre musical, est efficiente dans l’appréhension d’une anthropologie politique, vue ici à travers le prisme de ses codes sonores emblématiques.

Cette recherche de type sémiologique a donc une visée théorique et méthodologique plus universelle, dont l’un des enjeux est de s’interroger sur les liens du diachronique et du synchronique, de l’ethno(musico)logie et de l’histoire.

 

Travaux universitaires :

 

 

1. Le diplôme de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales :

La corporation des ménétriers de Toulouse (mémoire pour l’obtention du Diplôme de l’EHESS), Toulouse, EHESS, 1986, 535 pages dactyl.

 

2. Le DEA en anthropologie sociale et historique de l’Europe

(Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) :

Les « hauts » et les « bas » instruments ou la classification dualiste des instruments de musique en France, du XIIIe au XVIIIe siècle. Recherche d’anthropologie musicale historique sur la symbolique sociale et religieuse des instruments de musique, DEA, Toulouse, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1996, 95 pages (Mention Très Bien).

 

3. La thèse de doctorat en anthropologie musicale historique

(Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) :

Musiques de Dieu, Musiques du Diable. Anthropologie de l’esthétique musicale française, du Moyen Age à l’âge baroque, Thèse de doctorat, Toulouse, EHESS, 2001, 535 pages.

 

4. Le Mémoire pour l’obtention de l’Habilitation à Diriger les Recherches :

Les liens de l’ethnomusicologie et de l’histoire : deux artes memoriae, Mémoire pour l’obtention de l’Habilitation à Diriger les Recherches, Université de Nice-Sophia-Antipolis, 187 pages.

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